Ikea Hack: comment la créativité transforme l’ordinaire en extraordinaire

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Plongez dans l'univers captivant des "Ikea hackers"

Ces derniers temps, mes flux sur les réseaux sociaux débordent de posts sur les ‘hacks Ikea’ et ‘Ikea hackers,’ alors qu’Ikea fait parler d’elle suite au reportage d’Arte (*) alertant sur l’impact environnemental du leader mondial du meuble en kit. Cette prise de conscience grandissante semble pousser de plus en plus de personnes à repenser leur manière de consommer le mobilier. Un Ikea hacker s’approprie et modifie les meubles Ikea pour les personnaliser, les transformer ou les adapter à ses propres besoins, créant ainsi des meubles uniques ou améliorés à partir des produits standardisés de la marque.

Ce qui interpelle dans l’ère actuelle, c’est le désir croissant des consommateurs de devenir co-designers en s’appropriant les meubles Ikea. Grâce au phénomène des ‘Ikea hackers,’ ces amateurs créatifs modifient, personnalisent et transforment les produits standardisés de la marque pour les adapter à leurs besoins spécifiques. 

Qu’il s’agisse d’ajouter des éléments supplémentaires ou de combiner différentes pièces pour créer un meuble entièrement nouveau, les consommateurs participent activement au processus de design, transformant ainsi le concept du ‘meuble en kit’ en une plateforme d’expression personnelle, où chaque création unique reflète les goûts et l’ingéniosité de son auteur. 

Cette tendance souligne le désir croissant d’individualité dans un monde de production de masse et redéfinit la relation traditionnelle entre fabricant et utilisateur. Néanmoins, cette approche n’est pas née de la volonté du fabricant. 

L’initiative Space10, lancée par Ikea pour encourager une ouverture locale et collaborative, a été fermée. Cependant, le désir des consommateurs de devenir co-designers reste fort.

En voici quelques exemples, soigneusement sélectionnés dans ce tableau Pinterest :

Découvrez la table Lack à 9,99 € transformée en châssis d’imprimante 3D, ce porte-documents vertical en bois métamorphosé en meuble d’angle, ou encore la petite collection d’objets d’Adam Miklosi, trois fois lauréat du Red Dot, baptisée Uppgradera. Cette collection, également imprimée en 3D, améliore les fonctionnalités des objets prêts à l’emploi.

L'open design

On est là loin du “crapject,” un terme inventé par Adrian Bowyer pour décrire un “spam d’objets,” né avec l’imprimante 3D et souvent créé simplement pour démontrer le potentiel de cette technologie, et ce qu’on pourrait réaliser avec un peu d’imagination…

Ces initiatives nous renvoient à l‘open design, une démarche qui prône la création, le partage et la modification de designs libres, permettant à chacun de contribuer et d’enrichir les créations des autres.

En 2011, le collectif *Open Design Now: Why Design Cannot Remain Exclusive* explore cette approche, soulignant que le design ne peut plus rester exclusif. Le livre encourage les designers et créateurs à adopter la philosophie du design ouvert en favorisant la collaboration, la transparence et la co-création, prouvant ainsi que l’innovation peut prospérer dans un environnement où les connaissances sont partagées.

Au-delà de la mise à disposition des fichiers sources sous licence ‘Creative Commons,’ comme l’explique Jos de Mul : “Pour développer les aspects positifs de l’open design sans tomber dans ses pièges, le designer ne doit pas abandonner ses activités, mais plutôt les repenser. Le designer du futur doit devenir un concepteur de bases de données, un méta-designer, non pas en créant des objets, mais en façonnant un espace de design où les utilisateurs non qualifiés peuvent accéder à des environnements conviviaux pour concevoir leurs propres objets. C’est la culture des modèles (template culture).”

Qu'en est -il aujourd'hui?

Mais qu’en est-il aujourd’hui de ces initiatives nées dans les années 2010 et qui visaient à repenser le rôle du triptyque Consommateur-Designer-Industriel ?

On pense naturellement à OpenDesk, autrefois emblématique de ce mouvement. Cependant, la plateforme semble aujourd’hui moins active. Elle ne distribue plus ses fichiers en licence Creative Commons pour un téléchargement libre. Les derniers modèles, qui datent maintenant de plusieurs années, ne sont plus disponibles qu’avec des licences plus restrictives, comme la CC NC (Creative Commons Non-Commercial). Ce changement reflète une évolution vers un modèle plus fermé, éloigné de l’esprit initial du design ouvert qui prônait le partage et la collaboration sans limites.

Le modèle économique du libre n’a pas encore trouvé une solution durable dans le domaine du design, contrairement à d’autres secteurs comme l’électronique. Des projets tels qu’OpenDesk, qui visaient à repenser le triptyque Consommateur-Designer-Industriel à travers le partage ouvert des plans de meubles, peinent à se maintenir financièrement en raison de la difficulté à monétiser un contenu librement accessible. À la différence de plateformes comme Arduino, qui a réussi à bâtir un écosystème économique viable en combinant vente de matériel open source, formation et soutien à la communauté, les initiatives de design libre n’ont pas encore trouvé un équilibre entre ouverture et rentabilité. Les licences plus restrictives adoptées par OpenDesk et d’autres projets témoignent de ces défis, soulignant la nécessité de repenser le modèle économique pour garantir la viabilité du design ouvert à long terme.

Je pense que nous avons des choses à dire, ou plutôt à contribuer concrètement sur ce sujet.

Cela pourrait-il annoncer un nouveau projet porté par l’équipe Form2Fab ? Ça en a tout l’air.

Restez à l’écoute pour une prochaine annonce !

 

Jean, Fondateur et Mentor de Form2Fab

Pour aller plus loin...

(*) https://www.arte.tv/fr/videos/112297-000-A/ikea-le-seigneur-des-forets/

Le reportage dénonce l’impact environnemental d’Ikea, qui consomme 20 millions de mètres cubes de bois par an, rasant des forêts en Pologne, Roumanie et dans les pays baltes, tout en se revendiquant écologique. Malgré des scandales et des accusations de greenwashing, le géant du meuble conserve sa certification FSC. Des militants écologistes témoignent des intimidations subies face à cette expansion.

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