Gratuit en téléchargement, Rhino 3D

Echanger des modèles entre Rhino et Revit

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Revit, en quelques mots...

Autodesk Revit est devenu l’un des acteurs numériques incontournables du monde de la construction, en particulier pour le bâtiment et les infrastructures de grande ampleur. Il s’est rapidement imposé comme le logiciel de référence pour concevoir des ouvrages complexes, et assurer le déroulement d’études de synthèse tout au long de la vie du projet.
Revit calque son fonctionnement sur la philosophie du BIM : tout élément 3D se doit d’être catégorisé, étiqueté, connecté. Chaque chose à sa place, et une place pour chaque chose. Plus simple à dire qu’à faire lorsque l’on touche à des spécialités de niche pour lesquelles les normes de modélisation, et donc les référentiels 3D qui vont avec, n’existent pas encore.

Certains corps de métiers suivent des processus de modélisations différents, que ce soit parce que la taille ou la complexité plus modeste de leurs ouvrages ne requiert pas une approche BIM, parce qu’ils ont besoin d’atteindre un niveau de détail plus importants, ou de façon plus pragmatique pour des raisons de coûts. Et lorsque s’offre à ces mêmes utilisateurs éloignés du BIM l’opportunité de travailler en partenariat avec des entreprises du secteur, ils sont contraints de se frotter à l’architecture de ce mastodonte digital qui ne parvient pas toujours à fournir des outils adéquats, malgré ses innombrables options cachées dans un nombre tout aussi invraisemblable de menus. L’appréhension de Revit peut s’avérer un exercice fastidieux qui peut rebuter, tous ne disposant pas du temps et des compétences nécessaires.

Data Exchange, la solution la plus transparente

Quelques exceptions qui confirment la règle, me direz-vous. Oui, bien entendu, ce réquisitoire volontairement aguicheur est plutôt représentatif d’une minorité. Mais il met aussi en évidence l’un des enjeux majeurs de la construction : assurer que tous les intervenants d’un projet, quelle que soit leur implication, disposent toujours des informations à jour, et en particulier dans les zones où s’interfacent plusieurs métiers.

Expérimentés ou non, tous les acteurs du domaine de la construction sont ainsi confrontés à des problématiques d’échanges, et donc de conversion de données, ce afin de communiquer de façon exhaustive, précise et régulière, des informations à leurs partenaires par le biais de modèles 2D ou 3D, dont le volume ne fait qu’augmenter au fil des mois.

C’est pour répondre à cet enjeu que Autodesk a publié en septembre 2022 la version beta – actuellement utilisable, mais toujours en plein développement – de Data Exchange, un nouveau standard d’échange de données, comme peut l’être l’IFC, utilisable pour transférer des géométries bien choisies entre divers logiciels de l’éditeur, mais – et c’est finalement là ce qui nous intéresse – également avec des logiciels d’éditeurs tiers, pour peu qu’ils aient pris le temps de développer le connecteur, ce qui est le cas de McNeel pour Rhinoceros.


Cet outil propose une solution simple et élégante qui facilite, et donc favorise, les échanges de données entre les intervenants d’un même projet ; la tâche devient presque aussi simple que d’envoyer un mail, la conversion, souvent gourmande en ressources, s’effectuant de manière cachée.


Cette plate-forme d’échanges, présentée récemment de façon conjointe par les équipes d’Autodesk et de McNeel, a immédiatement suscité une interrogation : est-ce la fin de Rhino.Inside ?

Rhino.Inside.Revit, la révolution signée McNeel

La réponse est évidemment non, ce ne sont pas les mêmes outils. Destinés à des usages différents, complémentaires, ils ne s’adressent pas au même public.


Le connecteur Data Exchange ne transmet que des modèles de référence, utiles pour appréhender un espace, mesurer des contraintes de positionnement ou d’encombrement. Il est pensé pour que des entités qui ne travaillent exclusivement qu’avec l’un ou l’autre des logiciels puissent néanmoins échanger des modèles facilement. L’un des intérêts majeurs est de pouvoir filtrer depuis Revit le sous-ensemble d’éléments faisant partie du package transmis par le connecteur, ce qui évite donc de fastidieuses opérations de nettoyage. Un système de gestion de modifications permet de mettre à jour les données reçues en cours de projet, ce qui évite de devoir extraire une maquette complète à chaque itération.


Rhino.Inside permet quant à lui la création directe de familles Revit natives, tout en bénéficiant des capacités géométriques de Rhino, et celles de Grasshopper si nécessaire. C’est donc un processus de modélisation en premier lieu, même s’il y a évidemment une notion d’échange de données, celle-ci est transparente pour l’utilisateur. Il requiert l’installation de Revit et de Rhino sur le même poste et, de ce fait. Rhino.Inside est à Revit ce que Grasshopper est à Rhino : une surcouche logicielle qui permet d’en prendre le contrôle, et de l’exploiter de manière plus poussée, plus efficace et plus complète. Rhino.Inside va même plus loin que la géométrie, en proposant d’interagir avec des éléments tels que les mises en plan ou les nomenclatures.

Rhino.Inside.Revit exemple de lien vivant

Conveyor, le petit nouveau dans la cour des grands

Rhino.Inside s’adresse donc plutôt à des utilisateurs chevronnés des deux logiciels, là où Data Exchange propose un fonctionnement épuré et rapide d’accès. Quelque part entre ces solutions s’en trouve une troisième : Conveyor. Développé par Proving Ground Apps, ce module propose un enrichissement de Revit par les fonctionnalités Rhino similaire à Rhino.Inside, mais sans avoir besoin de passer par la case Grasshopper pour bénéficier de toutes les fonctionnalités. Une autre solution d’intégration directe qui permet le transfert de géométrie vers des éléments natifs, mais avec un contrôle moindre sur la gestion des paramètres Revit.

Dans l’engrenage complexe qu’est l’environnement Revit et plus généralement le monde de la construction, Rhino se positionne comme l’huile qui rend l’ensemble fluide.

Pour aller plus loin...

Si vous n’êtes pas fâché·e·s avec l’anglais, quelques liens pour poursuivre la découverte de ces solutions d’interopérabilité :

  • Le site d’Autodesk dédié à Data Exchange, sur lequel il est possible de s’inscrire pour s’essayer à l’outil, et également voter pour demander le développement d’autres connecteurs ! Blog Autodesk – Data Exchange

Maxime, mentor Form2Fab.

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