Rhino 9 (WIP): La commande Patch devient enfin incontournable

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Rhino 9 (WIP) : Patch n’est plus la commande du vendredi 17h

Patch, chez nous, c’était une commande qu’on gardait pour les jours où on n’avait plus d’amour-propre.

Si vous nous suivez depuis un moment (ou si vous êtes passés en formation chez Form2Fab), vous connaissez la musique : pour une surface “principale”, on évitait Patch. Pas par principe. Par expérience.

Sur Rhino 7/8, Patch, c’était souvent le même scénario : G0 demandé mais rarement tenu, G1… on n’en parle même pas, et une surface qui finit irrégulière — tension inégale, reflets qui cassent, rayures qui révèlent les bosses que le shading essaye de cacher.

 

Patch, c’était la commande du vendredi 17h : “ça a l’air OK”. Et ensuite tu te rappelles que tu dois intégrer ça dans une polysurface propre (idéalement fermée), et tu comprends que tu viens de t’offrir un week-end “analyse de surface”.

 

Sauf que là… sur Rhino 9 WIP, McNeel a refondu Patch. Et cette fois, on sent qu’il y a eu un vrai travail de fond : l’outil devient prévisible, pilotable, et surtout pertinent sur des topologies où, jusque-là, on passait par des contournements.

Rhino 9 : c’est pour quand ?

Le WIP (Work In Progress) est déjà accessible si vous avez une licence Rhino 8.

La date de sortie officielle ? McNeel répond toujours : “quand ce sera prêt”. Et en 2026, la question revient en boucle. Perso, si Rhino 9 sort fin 2026, je serai déjà très content. Mais le point important, c’est que ce que je montre ici, vous pouvez le tester dès maintenant.

Le cas concret : une surface à 6 bords (chevalière)

Dans la vidéo, je pars d’un cas très concret en bijouterie : la surface principale d’une chevalière.

On a une zone contrainte par 6 bords (des courbes + des bords de surfaces existantes). Et cette topologie-là, elle met vite les commandes “classiques” hors-jeu.

Balayage 2 rails : structurellement, ça ne répond pas à une contrainte à 6 bords. Dans l’esprit, 2 rails + 2 bords = 4. Ici, on en a 6.

Surface Réseau de courbes : ça pousse vers une logique de “grille” / quadrillage. Sur ce type de contour, on finit vite avec des compromis (ou une construction plus lourde que le problème).

Surface par sections : même idée. On peut bricoler, mais on ne résout pas proprement la contrainte du contour à 6 bords.

Donc oui, historiquement, on tentait parfois Patch… et on se retrouvait avec une surface “présentable”, mais pas fiable dès qu’on sortait la boîte à outils d’analyse.

Ce que Patch apporte vraiment dans Rhino 9 WIP

1) Patch travaille avec les bords, avec une continuité explicite

Première différence : dans Rhino 9, Patch n’est plus juste un outil qui “tente une peau” à partir d’entrées. On peut sélectionner :

  • des courbes
  • mais aussi des bords existants

Et Rhino affiche directement l’objectif de continuité :

  • G0 (position)
  • G1 (tangence)

Et surtout : c’est lisible et actionnable. On change l’attendu de continuité directement, sans se perdre dans une boîte de dialogue interminable.

Dans mon cas, je garde du G1 sur certaines zones parce que la surface va être copiée en symétrie, puis jointe. Je veux une jonction qui se lit proprement, notamment en reflets.

2) “Rigidité” : le bon curseur pour parler de tension

Le paramètre Rigidité, je le traduis simplement : à quel point je veux une surface tendue.

  • rigidité trop faible → la surface se déforme localement, elle prend des ondulations, et vous le payez en reflets
  • rigidité plus élevée → la surface reste plus “tenue”, plus propre en lecture

Ce n’est pas un gadget. Sur une surface principale, c’est exactement le type de contrôle qu’on veut.

3) “Refine” : plus de capacité à tenir les contraintes

Quand la continuité n’est pas atteinte, Rhino l’indique. Et au lieu de bricoler au hasard, on utilise Refine.

Concrètement, Refine ajoute des isoparamétriques (U/V) : plus de spans, donc plus de “matière” dans la surface. Ça donne à Patch davantage de possibilités pour aller chercher la continuité au bord, au lieu d’essayer de faire rentrer un problème complexe dans une surface trop simple.

Dans l’exemple de la vidéo, même en serrant les contraintes (position en G0, angle en G1), on arrive à un résultat qui tient et qui se comporte bien.

Le test qui ne ment pas : les reflets

Une surface qui “a l’air OK” en shading, ce n’est pas un verdict. Le verdict, c’est l’analyse.

Une fois la surface validée, je fais le workflow logique :

  • Symétrie
  • Joindre
  • Analyse

Je passe par :

Analyse > Surface > Placage d’environnement (amélioré dans Rhino 9)

Je mets un environnement type “inox” parce que c’est impitoyable : si la surface est irrégulière, si une bosse traîne, si une zone n’est pas tendue, ça ressort immédiatement.

Ici, le résultat est propre : surface tendue, lecture cohérente, pas de surprise au premier reflet.

Ce que ça change, concrètement

Je ne dis pas que Patch devient “la commande universelle”. Mais sur des topologies comme celle-là — surface contrainte par 6 bords — il passe clairement de “commande qu’on tente en dernier” à option sérieuse.

Si vous faites :

  • bijou
  • montures
  • design produit
  • design transport

ou tout domaine où les reflets font la loi

… ça vaut le coup de tester Patch Rhino 9 WIP, ne serait-ce que pour mesurer l’évolution.

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